Sortie en 1978, la Boss DS-1 est l’une des plus vieilles pédales de distorsion du marché. D’aucuns l’adorent tandis que d’autres la détestent. En tout cas, elle ne laisse pas indifférent. Elle diffère d’une bonne vieille pédale d’overdrive par le fait qu’elle offre plus de gain et d’agressivité. On l’emploie souvent avec un ampli en son clair mais elle peut très bien servir de boost à un ampli déjà saturé.
Deux guitaristes ont été des utilisateurs forcenés de la DS-1 pendant des décennies, il s’agit bien sûr de Joe Satriani et Steve Vai. Jusqu’en 2008 où chacun d’entre eux a commis un modèles de distortion “signature” (Vai avec Ibanez et satriani avec Vox), ils utilisèrent la DS-1 sur scène et sur nombre d’enregistrements studio.
La Ds-1 d'origine et deux modèles modifiées, l'un par Keeley, l'autre par Analog Man
On peut voir beaucoup de commentaires négatifs à propos de la DS-1 dans les forums ou sur Youtube. Beaucoup lui reprochent son aspect “synthétique” et son manque de chaleur.
Modifications, le match
Je ne sais pas si c’est à cause de cette réputation négative ou tout simplement sa longévité mais la DS-1 est l’une des pédales les plus modifiées de la planète. Ma quête du son ultime m’a amené à acquérir une DS-1 modifiée par Robert Keeley ainsi qu’une DS-1 modifiée par Analog Man. Je possède également une DS-1 non modifiée et j’ai enregistré une petite vidéo montrant les trois modèles utilisées avec la même guitare, une Gibson SG 61 Reissue, et le même ampli, un Fender Champ. J’ai également “magnifié” le son de ces DS-1 avec un delay Boss DD-3 et une réverb Boss RV-3 (explications sur ce choix et analyses après la vidéo) :
Pourquoi j’ai utilisé un delay et une réverb ?
Voici pourquoi j’ai décidé d’utiliser un peu de delay et de réverb avec les DS-1 lors de l’enregistrement de la vidéo : je pense que la mauvaise réputation de la DS-1 vient en partie du fait que nombre de guitaristes achètent une DS-1, la branche direct dans un ampli et espèrent obtenir le son de Satriani facilement. Et bien malheureusement, cela n’est pas si facile.
Pour moi, la DS-1 couplée à des micros double bobinage est excellente pour obtenir un son solo du même type que celui de Satriani mais il faut faire attention au reste de la chaîne. Je pense que la DS-1 gagne beaucoup à être “augmentée” par des effets d’ambiance tels que delay et/ou réverb. Quand on y pense, Satriani et Vai utilise souvent du delay dans leurs son.
Au passage, je trouve toujours un peu dommage de voir des vidéos de démo de pédales de disto ou d’overdrive où la pédale est branchée dans un ampli repris par un micro placé très près de la gamelle et où aucun effet d’ambiance n’est utilisé. Je pense que c’est un peu irréaliste car, en studio, dans la vaste majorité des cas, on utilise toujours au moins un peu de réverb sur un son de guitare repris par un micro placé très près de l’enceinte. Et en live, même dans une petite salle, on va toujours entendre l’ambiance la pièce.
Les modifications opérées sur les DS-1 en valent-elle la peine ?
Avant de commander une pédale aux US et de dépenser environ 150 dollars plus port dans une DS-1 modifiée, on est en droit de se demander si ces modifications en valent vraiment la peine. Comment on peut l’entendre dans la vidéo plus haut, les versions modifiées ne sonnent pas complètement différemment de la version de base. Il s’agit ici d’améliorer le son plutôt que de le changer radicalement (et au passage, les versions modifiées ont un niveau de bruit plus faible). Cela signifie que si vous détestez le son de la DS-1, il y a des chances pour que ces versions modifiées ne vous plaisent pas…
A mon avis, ces modifications en valent la peine mais sonnent différemment. La Keeley apporte un côté plus “précis” à la DS-1 tandis que l’Analog Man tend à se rapprocher du son d’un ampli de type Marshall. Je dois dire que je préfère personnellement l’Analog Man, ma disto préférée en compétition étroite avec ma bonne vieille Proco RAT 2. Mais si vous êtes à la recherche d’un son de DS-1 plus moderne et Vai-esque, il y a des chances pour que vous préfèreriez le modèle de Keeley.
Les modifications montrées dans ce billet ne sont pas les plus avancées proposées par les célèbres “moddeurs”. Ma Keeley est une SEM (Seeing Eye Mod) et la version actuelle comporte le même circuit en plus d’un nouveau circuit nommé Ultra, que l’on peut activer au moyen d’un petit Switch. Analog Man, de son côté, propose toujours la DS-1 Pro, que je possède, mais peut maintenant ajouter un quatrième bouton pour modifier la réponse de la DS-1 dans les médiums.
Enfin, sachez qu’il y a d’autres modifications sur le marché, je pense en particulier aux kits de Monte Allums qui semblent remporter un franc succès.
Utilisation de la DS-1 sur “Fiction”, mon premier album
J’ai utilisé la DS-1 modifiée par Keeley sur “The Color Purple” et l’Analog Man DS-1 Pro sur “Electric Rain”. Vous pouvez trouver mon premier album, “Fiction”, sur cdbaby ou sur Amazon France. Dans tous les cas, la DS-1 était branchée dans un préampli Marshall JMP-1 et un MXR Phase 90 était placé avant.
Il y a beaucoup d’effets dans la catégorie “modulation”. Dans cette série de billets, je vais tenter de dévoiler les mystères des phaser, flanger, chorus, leslie/univibe, vibrato ou encore tremolo.
Ces effets, utilisés judicieusement, peuvent donner du piquant à toute rhythmique en clair ou saturé, ou encore grossir votre son pour les solos, pour ne citer que quelques-uns de leurs usages. Je ne vais pas rentrer dans trop de détails concernant l’électronique derrière ces effets et vais surtout évoquer leur caractère et leur utilité pour nous, guitaristes.
Dans cette première partie, je vais me concentrer sur l’un des plus vieux effets de modulation : le Phaser, aussi appelé Phasing ou Phase-shifting. Comme d’habitude sur Guitar Tone Overload, je sous ai préparé quelques démos en vidéo (voir plus bas) de mon tout récemment acquis vintage MXR Phase 90.
Le MXR Phase 90, l'un des plus célèbres Phaser au format pédale - Photo by Pia Jane Bijkerk
Phaser ou Flanger ?
Je voudrais commencer par éclaircir la différence entre Phaser et Flanger car il arrive souvent qu’on les confonde. Le Phasing est créé électroniquement en employant une série de filtres (all pass) associés avec un oscillateur basse fréquence tandis que le Flanging utilise un delay très court. Je simplifie énormément mais l’important est de savoir qu’ils sonnent différemment. Un Phaser va apparaître comme étant un peu plus “fou” et n’a pas vraiment d’équivalent dans la réalité . Pour sa part, un Flanger ressemble à un avion au décollage et est similaire à un effet que l’on peut rencontrer dans la nature et appelé “Effet Doppler”. Je donnerai plus d’informations sur le Flanger dans la seconde partie de cette série de billets. Si l’aspect scientifique du Phaser vous intéresse rendez-vous sur wikipedia (la version anglaise est plus complète) .
Qui utilise un phaser ?
Un Phaser est utilisable dans tout genre musical mais il faut reconnaître qu’il est plus particulièrement indissociable de certains.
Utilisé avec un son clair, c’est un effet très utilisé en Reggae, écoutez le solo de “No Woman no Cry” de Bob Marley sur son “Live au Lyceum” pour un exemple édifiant de guitare “phasérisée”.
Toujours utilisé en son clair, il fait des merveilles sur des rythmiques funk et peut consister une alternative intéressanet à la Wah Wah.
Enfin, en rock, voire heavy rock, Brian May de Queen ou bien sûr Eddie Van Halen sont friands du Phaser pour grossir leurs sons saturés. Le premier Album de Van Halen est quasiment une démo du Phaser MXR Phase 90. Il suffit d’écouter les intros de “Atomic Punk” ou “Ain’t Talking about Love” pour s’en rendre compte.
Grand Classique : le MXR Phase 90
J’ai décidé de commencer mon tour des pédales de phasing par le légendaire le MXR Phase 90, rendez-vous après les vidéos de démonstrations pour les autres modèles.
Le MXR Phase 90, je disais donc, est une petite pédale orange dont la première incarnation remonte aux années 70 et qui est aux Phasers ce que la Tube Screamer est aux pédales d’overdrive : le standard. J’ai récemment acquis un modèle vintage et je dois dire que sa réputation n’est pas usurpée. C’est un effet très chaud et bien qu’il ne dispose que d’un seul bouton de réglage, il permet d’obtenir nombre de sons différents. Avec le réglage de vitesse (“speed”) entre 10h et midi, on obtient facilement des sons à la Van Halen tandis qu’à environ 2h, on s’approche d’un son d’Univibe tout Hendrixien.
Si vous cherchez à acquérir un Phase 90, il peut s’avérer difficile de faire son choix entre les modèles neuf (trois au catalogue de MXR !) et les différents modèles vintage. Les tout premiers modèles sortis dans les années 70 n’ont pas de diode de mise en service et “phase 90″ est écrit avec une fonte du type “écriture à la main” d’où le surnom de ces modèles : “Script”. Vers la fin des années 70, des modèles comportant “phase 90″ écrit en lettres capitales sortirent sans grand changement intérieur, ils sont surnommés “Block”.
MXR a fait faillite dans les années 80 et fût ressuscité par Dunlop qui fabrique à l’heure actuelle trois modèles de Phase 90. Le premier et le plus abordable est orange, comporte phase 90 en capitales (“Block”) et une diode de mise en service. Cela n’est pas une mauvaise pédale mais ne sonne pas tout à fait comme les modèles des années 70, il a tendance à distordre et son effet est plus agressif. Ceci explique pourquoi MXR propose un modèle reissue plus cher, sans diode et qui doit être alimenté par une pile mais qui est plus conforme à l’original. Le troisième modèle est un modèle créé en collaboration avec Eddie Van Halen, le EVH Phase 90 à la livrée rouge et blanche. Il comporte une magnifique diode bleue et surtout un petit interrupteur qui permet de passer d’un son “moderne” à un son “Script” (soit vintage). Un quatrième modèle est toujours recensé sur le site Web mais semble difficile à trouver en magasin, il s’agit d’une pédale MXR Custom Shop, référence CSP-101, qui est une version reissue vintage avec une diode et une entrée pour alimentation externe. Il semblerait cependant que ce modèle soit un modèle EVH mais sans l’interrupteur pour passer d’un son à l’autre, autant donc acquérir un EVH. Pour une comparaison sonore entre le modèle “Block” d’entrée de gamme et le modèle custom shop allez voir cette vidéo de gearmanndude.
Un Phase 90, comment ça sonne ?
J’ai enregistré 3 vidéos avec mon Phase 90 pour vous montrer l’utilité d’un phaser. Sur la première vidéo, j’utilise un son clair, sur la deuxième un Phase 90 placé avant une distorsion et sur la troisième, un Phase 90 placé après la distorsion. Je montre divers réglages sur le Phase 90 et ajoute en fin de vidéo un delay Boss DD-3 pour montrer comment l’alliance d’un phaser et d’un delay peut vraiment grossir le son.
Phase 90 en son clair :
Matos utilisé pour la vidéo: Fender American Classics Stratocaster équipée de micros Kinman AVn Blues à réduction de bruit, ampli Fender Champ de 1974 (Volume à 3, Basse à 10 et Treble à 2.5).
Et maintenant un Phase 90 placé avant la distorsion (une DS1 modifiée par Analogman). Notez comment le réglage à 10h est très Van Halenesque tandis que le réglage à 2h est plus Hendrixien :
Matos utilisé pour la vidéo: Fender American Classics Stratocaster équipée de micros Kinman AVn Blues à réduction de bruit, ampli Fender Champ de 1974 (Volume à 3, Basse à 10 et Treble à 2.5). Distorsion Boss DS-1 modifiée par Analogman, Dist à fond, Tone à 8h, Level à 10h.
Et maintenant, voici le Phase 90 placé après la distorsion (toujours une DS1 modifiée par Analogman). L’effet est plus prononcé et plus agressif, je préfère personnellement le placement avant :
Matos utilisé pour la vidéo: Fender American Classics Stratocaster équipée de micros Kinman AVn Blues à réduction de bruit, ampli Fender Champ de 1974 (Volume à 3, Basse à 10 et Treble à 2.5). Distorsion Boss DS-1 modifiée par Analogman, Dist à fond, Tone à 8h, Level à 10h.
Modèles alternatifs au MXR Phase 90
Avant de choisir une un Phaser en pédale, il est important de savoir qu’un Phaser donné dispose d’un certain nombres de filtres ou étages (“stages” en Anglais). Le nombre d’étages a une influence direct sur le son. On peut dire pour simplifier que plus il y a d’étages, plus l’effet sera prononcé et/ou délirant. Les phasers les plus simples comme le tout récemment réédité Phase 45 de MXR n’ont que deux étages et sont donc assez “doux”. Les Phasers à 4 étages sont probablement ceux que l’on a le plus entendu sur les enregistrements des années 70 et deux modèles sont archi-connus : le MXR Phase 90 bien sûr et l’Electro Harmonix Small Stone. Ils furent tout deux utilisés par David Gilmour dans les seventies. Si vous cherchez à reproduire le son de vos artistes favoris, il y a des chances pour ce que vous recherchiez soit un Phaser à 4 “stages”.
Certains fabricants comme Boss sont allés plus loin et le Phaser PH-2 qui n’est maintenant plus en production mais qui est relativement répandu propose 10 à 12 stages selon la position du bouton mode. Je possède un PH-2 et bien que cela soit une pédale intéressante, je dois avouer que l’effet est si prononcé que je trouve difficile de l’utiliser pour reproduire des sons classiques à la Van Halen ou Reggae/Funk années 70. Le PH-2 a été remplacé dans la gamme Boss par le PH-3. Il s’agit d’une pédale numérique qui peut simuler le son de phasers à 4, 8, 10 ou 12 étages. Je ne l’ai pas essayé donc il m’est difficile de commenter mais de l’avis général, c’est une pédale flexible quoique moins chaude que ses collègues analogiques.
Les réglages sur les Phasers courants vont de un seul bouton de vitesse pour contrôler la vitesse de l’oscillation comme sur le MXR Phase 90 à un trio de bouton nommé “Depth”, “Rate” and “Resonance” sur les modèles plus sophistiqués comme les Boss. “Depth” contrôle l’intensité de l’effet, “Rate” la vitesse d’oscillation et “Resonance” le taux de signal déjà traité qui est ré-injecté dans l’entrée de l’effet, de façon à obtenir un effet de Phasing extrêmement prononcé.
Au sujet du placement du Phaser dans la chaîne d’effets, il y a comme un débat : avant ou après la distorsion/overdrive ? Dans la plupart des multi-effets, il est placé après la distortion mais avec une pédale, vous faites ce que vous voulez et je dois avouer que je préfère placer mon MXR Phase 90 avant ma distorsion, je trouve le résultat plus gras. Mais comme toujours, à vous d’expérimenter !
Pour finir, n’oublions pas que le Phaser fait merveille sur d’autres instruments que la guitare, en particulier les claviers (sur les sons de Fender Rhodes ou nappes) ou la basse.
Autres modèles de Phaser notables
Sur le marché de l’occasion, si vous pouvez en trouver un, le Maestro PS1 est légendaire. Il n’existe aucun clone moderne à ma connaissance.
Comme toujours, les fabricants boutique nous gratifient d’excellentes alternatives comme Retro-Sonic avec son phaser qui est un clone de MXR Phase 90 sauce années 70 mais agrémenté de plus de réglages. Mentionnons également une marque un peu à part, Pigtronix dont le modèle EP-1 semble déjanté à souhait.
Pour finir, pour ceux d’entre vous qui ont un petit budget, l’Ibanez PH7 est une alternative intéressante avec ses deux modes : 4 et 8 étages.
Question : qu’ont David Gilmour (Pink Floyd), Billy Corgan (Smashing Pumpkins) et Jack white (The White Stripes, The Raconteurs) en commun ?
La Big Muff Pi
Réponse : ils sont tous des utilisateurs forcenés de la “Big Muff” et la plupart de leurs enregistrements doivent beaucoup à son son distordu, sale et bien gras. Je vais démontrer le son de la Big Muff dans deux vidéos mais nous évoquerons tout d’abord brièvement l’histoire tourmentée de cette pédale de distorsion hors du commun.
Histoire de Muff
La Big Muff trouve son origine dans les années 70. On dit souvent que c’est une fuzz mais je pense pour ma part qu’il s’agit plutôt d’une pédale de distorsion car le son s’éloigne fortement des fuzz de l’époque. Il existe principalement deux versions de la Big Muff sorties dans les années 70: La Big Muff “triangle” (car les boutons forment un triangle) et la Big Muff “ram’s head” (car il y a un bélier dessiné sur le boitier et bélier se dit “ram” en Anglais).
Electro-Harmonix, fabricant de la Big Muff, a du fermer ses portes en 1983 et Mike Matthews, son fondateur, s’en est allé fabriquer des Big Muff en Russie sous la marque Sovtek au début des années 90. Plus tard, Electro-Harmonix USA a été relancé et le fabricant propose maintenant une gamme plus qu’étendue de pédales en tout genre. Si vous cherchez une Big Muff neuve, tournez vous vers la Big Muff Pi ou la Little Big Muff qui dispose d’un boitier plus petit. Il y a beaucoup d’autres pédales Electro-Harmonix portant le nom “muff” (comme la metal muff) mais celles-ci s’éloignent du son Big Muff d’origine.
Les moustachus de la Big Muff pensent que les modèles actuels sont inférieurs sur le plan sonore aux modèles des années 70 voire mêmes aux modèles Sovtek. Ceci explique que l’on trouve nombre de clones de la Big Muff sur le marché comme la Ron Sound Hairpie, proche des modèles US des années 70 ou la Absolutely Analog Green Russian qui se propose, elle, de recréer le son des modèles Sovtek. La BYOC Beaver, quant à elle, est disponible en kit à monter soit-même (bonne chance pour l’obtenir en dehors des US) et semble rencontrer un succès non négligeable car s’approchant très près du son de la Big Muff des années 70.
Pour les plus anglophones d’entre vous voici deux sites incontournables : Gilmourish, tout d’abord, est consacré au son de David Gilmour et détaille les modèles utilisés selon les albums ou les tournées du Floyd tandis que ce site propose des schémas du circuit et des photos des différents modèles.
Comment obtenir ce gros son caractéristique
Vous devez savoir que la Big Muff est un animal difficile à dompter. Si vous en essayez une, vous allez peut-être trouver le son déplaisant, façon “nid d’abeilles”. Sachez qu’en plus d’un bon ampli, il est nécessaire de jouer assez fort pour tirer la quintessence de la Big Muff. N’espérez pas obtenir un gros son bien chaud à bas volume mais tout n’est pas perdu comme vous le verrez plus loin.
Utilisé avec des micros double-bobinage, le son de la Big Muff vous transporte immédiatement vers le monde du gros riff rock’n roll bien baveux. Pour cette vidéo j’utilise ma Gibson SG 61 Reissue et la Muff branchée en direct dans mon Fender Champ 5W tout lampes repris par un Shure SM-57 (un peu de réverb fût ajoutée dans Cubase). Les réglages de la Big Muff étaient les suivants : VOLUME à 10h, TONE à 10h et SUSTAIN à 11h.
Un des gros avantages de la Big Muff est qu’elle se marie très bien avec d’autres pédales. Par exemple, un compresseur placé avant permet de “lisser” le son tandis qu’une bonne pédale d’overdrive placée après peut enlever le côté peu “nid d’abeilles” de la pédale ce qui peut être très utile, surtout à bas volume. Ces quelques trucs, utilisés en conjonction avec une guitare équipée de simple bobinage et un bon delay peuvent vous envoyer au nirvana du son solo à la sauce Gilmour. Voici une vidéo où j’essaye de démontrer ces différentes combinaisons avec ma bonne vieille Stratocaster:
Au cas ou vous vous poseriez la question, la Big Muff utilisée dans ces vidéos est une Big Muff Pi standard, pas un clone. La Stratocaster est une Custom Shop American Classics Stratocaster équipée de micros Kinman Avn Blues.
Les réglages étaient les suivants :
1974 Fender Silverface Champ (BASS à 10, Treble à 2.5, Volume à 3)
Big Muff settings: VOLUME à 10h, TONE à 10h et SUSTAIN à 11h
BB Preamp Settings: GAIN à 8h, VOLUME à 1h, TREBLE à 12h, BASS à 2h
Dynacomp settings: OUTPUT à 10h, SENSITIVITY à 10h.
DD-3 Settings: LEVEL à 10h, FEEDBACK à 12h, TIME à 2h et MODE à 800ms
Je voudrais commencer cette série dédiée aux grands classiques des pédales d’effet avec un modèle que j’ai découvert relativement récemment (il y a deux ans) après avoir essayé et/ou possédé un nombre incalculable de pédales de distorsion/overdrive: La Proco RAT 2 (lien en anglais).
La RAT 2 est la descendante directe de la RAT. La RAT est une pédale de distorsion dont le premier modèle est sorti à la fin des années 70. Elle a été utilisée entre autres par Jeff Beck et reste la pédale de choix d’un certains nombre de guitaristes.
Le modèle que je possède a un numéro de série inférieure à 300000 ce qui est apparemment un gage de qualité. En effet, d’après Robert Keeley (un des plus grands “moddeurs” de pédales), la qualité a baissé sérieusement il y a deux ans environ. Ne pouvant comparer mon modèle avec un modèle plus récent, je ne m’étendrai pas sur le sujet mais si vous achetez une RAT 2 d’occasion, pensez à regarder le numéro de série sous la pédale.
La RAT 2 est une pédale relativement polyvalente, capable d’aller d’un léger crunch vers une grosse distorsion limite fuzz à mesure que l’on augmente le gain. Si vous êtes uniquement intéressé par une légère overdrive, il est peut-être plus judicieux de se tourner vers un des nombreux modèles d’overdrive disponibles sur le marché mais si vous voulez quelque chose avec plus de gain pour un prix raisonnable, la RAT 2 est assez unique. Le bouton “filter” est très efficace également. Il fonctionne à l’inverse de la plupart des autres pédales en coupant les aigus à mesure que vous le tournez dans le sens des aiguilles d’une montre. Une simple variation de ce bouton permet d’obtenir des sons radicalement différents. Enfin, le bouton de volume permet d’obtenir un boost sympathique quoique moyen en terme d’intensité. Le site Gilmourish a un excellent article (en Anglais) expliquant pourquoi la RAT 2 est un bon premier choix en terme de distorsion.
Là où je la trouve vraiment efficace, c’est qu’elle permet d’obtenir des gros sons non seulement avec des double bobinages mais aussi avec des simples ce qui n’est pas le cas de la plupart des distos que j’ai pu essayer. J’ai enregistré deux vidéos en utilisant une Telecaster pour montrer le genre de gros son que l’on peut obtenir.
Dans ces vidéos, les réglages de la RAT 2 sont: gain à 2h, filter à 3h et volume à 2h.
Je commence par un démo avec ma Telecaster de 1978 (micros d’origine) à travers un Fender Champ (seulement 5 Watts!) de 1974 à lampes repris par un shure SM-57 branché dans un enregistreur Boss Micro-BR. J’utilise une réverb (Boss RV-3) après la RAT. Au milieu de la vidéo, j’enclenche un délai BOSS DD-3 qui se trouvent entre la RAT 2 et la réverb dans la chaîne :
Dans cette deuxième vidéo, la même guitare et même chaine d’effets à travers un préampli Marshall JMP-1 réglé en son clair (canal “clean 1″, gain à 9) et branché directement dans l’enregistreur, un Boss Micro-BR.