juin 132011
 

Après avoit fait figurer un certains nombre d’alternatives à la Tube Screamer parmi les moins chères mais aussi les plus onéreuses, je pense que le temps de la Bad Monkey est venue.

Ce n’est pas vraiment un secret, la Digitech Bad Monkey est une overdrive de qualité utilisée par certains pros. Jetez un oeil aux démos de Phil X et vous l’entendrez certainement.

Comme pour d’autres billets, j’ai enregistré deux vidéos montrant la Bad Monkey en action (voir plus bas). Ces vidéos démontrent les capacités de la bête couplée à des simple bobinage comme des Humbuckers et utilisée à la fois comme overdrive principale ou pour booster une distortion.

Introduction

La Bad Monkey est une pédale verte, apparemment gage de qualité pour une overdrive (humour). Elle comporte une entrée et deux sorties. Non elle n’est pas stéréo, une sortie est normale, “non filtrée”, tandis que l’autre, nommée “MIXER, comporte une émulation de haut parleurs, ce qui permet de relier la Bad Monkey directement à une table de mixage ou un enregistreur/interface audio. C’est une caractéristique commune sur les pédales Digitech et vous pouvez entendre une démo rapide de la sortie MIXER vers la fin de ce billet.

Clairement inspirée par la Tube Screamer en matière de son, la Bad Monkey comporte un réglage de gain, un réglage de niveau et, O suprise, non pas un réglage de tonalité comme il est de coutume sur une pédale d’Overdrive, mais deux boutons de réglage d’égalisation: Bass et Treble (aigus). Ainsi, les fréquences basses et aiguës de votre son d’overdrive peuvent être ajustées séparément.

C’est un gros plus et les seules pédales d’overdrive de qualité qui, à ma connaissance, comportent une égalisation à deux bandes sont les pédales Xotic comme la BB Preamp, bien plus onéreuse qu’une Bad Monkey.

Vidéos

Pour cette première vidéo, j’ai utilisé ma Fender Stratocaster. L’idée est de montrer comment la Bad Monkey sonne en comparaison avec mon overdrive de référence, j’ai nommé la TS9 modifiée par Analogman. Après une comparaison entre les deux pédales, je montre comment l’égalisation à deux bandes peut être utilisée pour donner du “corps” au son. J’ai été surpris par l’efficacité du réglage de basse qui a réussi à être des plus efficaces à travers mon Fender Champ, pourtant seulement pourvu d’un petit haut-parleur de 8 pouces. A la fin de la vidéo, je montre comment la Bad Monkey peut être utilisée pour booster une pédale de distortion, une Pro Co Rat 2 en l’occurrence:

Dans cette seconde vidéo, j’utilise ma Gibson SG 61 Reissue, équipée de ses micros d’origine (des Classic 57).

Notez que pour ces deux vidéos, l’ampli utilisé est un Fender Champ de 1974 repris par un RODE NT-4. Une réverb Boss RV-3 avec un réglage Room était placée en bout de chaine, après les overdrives.

En Direct

Je n’ai pu résister à l’envie de tester la sortie MIXER. Voici le son de ma Strat branchée en direct dans l’entrée ligne (et non pas l’entrée Guitare):

Audio MP3

Et maintenant voici cette même Strat passant à travers la Bad Monkey dont la sortie normale était branchée dans l’entré ligne :

Audio MP3

C’est pas joli joli! C’est ce qu’on obtient en branchant une pédale de disto/overdrive en direct dans une table de mix ou une interface audio/enregistreur.

Mais voici maintenant le son lorsque l’on passe par la sortie MIXER, avec émulation de haut parleur donc (les réglages étaient Gain à fond, Level à 1h, Bass et Treble à 2h) :

Audio MP3

C’est beaucoup mieux et pour tout dire, j’ai été assez surpris car c’est vraiment utilisable, c’est plus qu’un gadget. En mettant le gain au minimum, on obtient un son Jazz/Blues à peine saturé qui n’est pas mal du tout.

Conclusion

Pour une pédale à 50 Euros, on peut dire que la Bad Monkey est une alternative des plus intéressante à la Tube Screamer. Plus qu’une alternative, elle peut agir en complément de celle-ci à mon avis. Je ne pense pas qu’elle ait un son aussi “lisse” que TS9 Analogman mais l’égalisation 2 bandes et la sortie émulée en font un produit quelque peu différent. A essayer de toute urgence!

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mai 222011
 

Pour faire suite à mes deux billets consacrés à la réverb (voir ici et ici), voici une démo de ma bonne vieille Boss RV-3.

Boss RV-3 Digital Reverb / Delay - Photo Pia Jane Bijkerk

 

La RV-3 n’est pas la pédale la plus connue de Boss. Fabriquée entre 1994 et 2002, elle a été utilisée par Mike Eizinger (Incubus) ou Johnny Greenwood (Radiohead). Elle est assez unique car elle combine délai et réverb dans le format compact bien connu de la marque japonaise.

Vous trouverez à la fin de ce billet les spécifications détaillées de la bête mais avant de vous abreuver de nombres, écoutons du son! Voici une vidéo montrant mon réglage favori suivi de chacun des 11 modes dont la RV-3 est doté:

Mon avis

La RV-3 est un pur produit des années 90. Ici, point de simulation de delay analogique ou de réverb à ressort, il s’agit de numérique pur et dur. Les délais sont cristallins et les réverbs précises, d’aucuns diraient “métalliques”.

Cela dit, sa capacité de mélanger délai et réverb, unique pour une pédale compact, permet d’approcher des gros sons “studio” qui ne sont pas sans rappeler les albums récents de Jeff Beck, par exemple. Elle s’avère également très à l’aise pour créer des sons ambiants et spacieux. Notez que si elle dispose d’une seule entrée jack, elle dispose de deux sorties pour une utilisation en stéréo.

La RV-5 a remplacé la RV-3 dans la gamme Boss et si elle a gagné une simulation de réverb à ressort entre autres améliorations, elle a perdu les délais de la RV-3. A ce titre, il est difficile de comparer les deux. La RV-3 reste une valeur sous-estimée du marché de l’occasion.

Spécifications détaillées

La RV-3 n’a pas moins de 11 modes. Un bouton sélectionne les différents modes tandis que les trois autres agissent sur les paramètres de l’effet. En mode réverb, ces paramètres sont: tone (tonalité), time (longueur de la réverb) et level (niveau de l’effet).

En mode delay et delay+reverb, les paramètres deviennent feedback (nombre de répétitions), time (temps entre les répétitions) et level (niveau de l’effet). Notez qu’en mode delay+reverb, le bouton de niveau affecte le taux de delay et de réverb simultanément, il n’est pas possible de séparer le délai de la réverb.

Les modes sont les suivants:

  • Réverb Plate: simulation de réverb à plaques, un effet très prisé par Hendrix et consort dans les studios des années 60 pour magnifier leur son. Il s’agit d’une assez grosse réverb.
  • Réverb Hall: grosse réverb digital simulant un large espace.
  • Room 2: une réverb room de taille médium. C’est celle qui se rapprocherait le plus d’une réverb à ressort dans son utilisation (rappelons que la RV-3 est dépourvue de simulation de réverb à ressort).
  • Room 1: une réverb room courte pour ajouter juste un peu d’ambiance
  • delay + réverb Plate
  • delay + réverb Hall
  • delay + réverb Room 2
  • delay + réverb Room 1
  • delay “Short”: délai court dont les temps de répétitions vont de 32ms à 125ms, parfait pour un écho slapback
  • delay “Medium”: délai moyen dont les temps varient de 125ms à 500ms
  • delay “Long”: délai long dont les temps varient de 125ms à 1000ms

 

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fév 132011
 

Sortie en 1978, la Boss DS-1 est l’une des plus vieilles pédales de distorsion du marché. D’aucuns l’adorent tandis que d’autres la détestent. En tout cas, elle ne laisse pas indifférent. Elle diffère d’une bonne vieille pédale d’overdrive par le fait qu’elle offre plus de gain et d’agressivité. On l’emploie souvent avec un ampli en son clair mais elle peut très bien servir de boost à un ampli déjà saturé.

Deux guitaristes ont été des utilisateurs forcenés de la DS-1 pendant des décennies, il s’agit bien sûr de Joe Satriani et Steve Vai. Jusqu’en 2008 où chacun d’entre eux a commis un modèles de distortion “signature” (Vai avec Ibanez et satriani avec Vox), ils utilisèrent la DS-1 sur scène et sur nombre d’enregistrements studio.

La Ds-1 d'origine et deux modèles modifiées, l'un par Keeley, l'autre par Analog Man

On peut voir beaucoup de commentaires négatifs à propos de la DS-1 dans les forums ou sur Youtube. Beaucoup lui reprochent son aspect “synthétique” et son manque de chaleur.

Modifications, le match

Je ne sais pas si c’est à cause de cette réputation négative ou tout simplement sa longévité mais la DS-1 est l’une des pédales les plus modifiées de la planète. Ma quête du son ultime m’a amené à acquérir une DS-1 modifiée par Robert Keeley ainsi qu’une DS-1 modifiée par Analog Man. Je possède également une DS-1 non modifiée et j’ai enregistré une petite vidéo montrant les trois modèles utilisées avec la même guitare, une Gibson SG 61 Reissue, et le même ampli, un Fender Champ. J’ai également “magnifié” le son de ces DS-1 avec un delay Boss DD-3 et une réverb Boss RV-3 (explications sur ce choix et analyses après la vidéo) :

Pourquoi j’ai utilisé un delay et une réverb ?

Voici pourquoi j’ai décidé d’utiliser un peu de delay et de réverb avec les DS-1 lors de l’enregistrement de la vidéo : je pense que la mauvaise réputation de la DS-1 vient en partie du fait que nombre de guitaristes achètent une DS-1, la branche direct dans un ampli et espèrent obtenir le son de Satriani facilement. Et bien malheureusement, cela n’est pas si facile.

Pour moi, la DS-1 couplée à des micros double bobinage est excellente pour obtenir un son solo du même type que celui de Satriani mais il faut faire attention au reste de la chaîne. Je pense que la DS-1 gagne  beaucoup à être “augmentée” par des effets d’ambiance tels que delay et/ou réverb. Quand on y pense, Satriani et Vai utilise souvent du delay dans leurs son.

Au passage, je trouve toujours un peu dommage de voir des vidéos de démo de pédales de disto ou d’overdrive où la pédale est branchée dans un ampli repris par un micro placé très près de la gamelle et où aucun effet d’ambiance n’est utilisé. Je pense que c’est un peu irréaliste car, en studio, dans la vaste majorité des cas, on utilise toujours au moins un peu de réverb sur un son de guitare repris par un micro placé très près de l’enceinte. Et en live, même dans une petite salle, on va toujours entendre l’ambiance la pièce.

Les modifications opérées sur les DS-1 en valent-elle la peine ?

Avant de commander une pédale aux US et de dépenser environ 150 dollars plus port dans une DS-1 modifiée, on est en droit de se demander si ces modifications en valent vraiment la peine. Comment on peut l’entendre dans la vidéo plus haut, les versions modifiées ne sonnent pas complètement différemment de la version de base. Il s’agit ici d’améliorer le son plutôt que de le changer radicalement (et au passage, les versions modifiées ont un niveau de bruit plus faible). Cela signifie que si vous détestez le son de la DS-1, il y a des chances pour que ces versions modifiées ne vous plaisent pas…

A mon avis, ces modifications en valent la peine mais sonnent différemment. La Keeley apporte un côté plus “précis” à la DS-1 tandis que l’Analog Man tend à se rapprocher du son d’un ampli de type Marshall. Je dois dire que je préfère personnellement l’Analog Man, ma disto préférée en compétition étroite avec ma bonne vieille Proco RAT 2. Mais si vous êtes à la recherche d’un son de DS-1 plus moderne et Vai-esque, il y a des chances pour que vous préfèreriez le modèle de Keeley.

Les modifications montrées dans ce billet ne sont pas les plus avancées proposées par les célèbres “moddeurs”. Ma Keeley est une SEM (Seeing Eye Mod) et la version actuelle comporte le même circuit en plus d’un nouveau circuit nommé Ultra, que l’on peut activer au moyen d’un petit Switch. Analog Man, de son côté, propose toujours la DS-1 Pro, que je possède, mais peut maintenant ajouter un quatrième bouton pour modifier la réponse de la DS-1 dans les médiums.

Enfin, sachez qu’il y a d’autres modifications sur le marché, je pense en particulier aux kits de Monte Allums qui semblent remporter un franc succès.

Utilisation de la DS-1 sur “Fiction”, mon premier album

J’ai utilisé la DS-1 modifiée par Keeley sur “The Color Purple” et l’Analog Man DS-1 Pro sur “Electric Rain”. Vous pouvez trouver mon premier album, “Fiction”, sur cdbaby ou sur Amazon France. Dans tous les cas, la DS-1 était branchée dans un préampli Marshall JMP-1 et un MXR Phase 90 était placé avant.

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oct 242010
 

Après l’onéreuse BB Preamp et la plus abordable Boss SD-1, voici une alternative à la Tube Screamer qui se situe entre les deux. Née dans les usines Boss et modifiée dans l’atelier de Monsieur Keeley, l’un des gourous US des effets, la BD-2 modifiée n’a rien à voir avec une copie de Tube Screamer et offre un son quelque peu différent.

Une fois n’est pas coutume, je vais commencer directement par les vidéos de démonstration et donnerait mes conclusions et remarques ensuite.

Voilà tout d’abord comment la BD-2 modifiée par Keeley sonne avec des micros simple bobinage suivie par une comparaison rapide avec une Tube Screamer (une Analogman en l’occurrence). J’ai décidé qu’au lieu de changer le gain sur la pédale elle-même, je laisserais celui-ci à 3h et “ferais” le son avec le bouton de volume de la guitare et la dynamique de jeu, dans la plus pure tradition “Blues”. Que cela fonctionne aussi bien est d’ailleurs un gage de qualité de la Keeley BD-2, cela ne fontionne pas aussi bien avec toutes les pédale d’overdrive :

Continuons avec une guitare équipée de micros double-bobinage. J’inclus également une comparaison rapide avec une Tube Screamer :

BD-2 non modifiée contre modifiée

Robert Keeley a pris un bon modèle du commerce et l’a amélioré subtilement. J’ai eu l’occasion de comparer (rapidement, soit) mon modèle modifié avec un modèle d’origine et, s’il y a bien entendu des différences, le son “de base” reste assez similaire.

La modification apporte certaines améliorations et pour commencer beaucoup plus de niveau de sortie et un peu plus de gain tout restant transparent et silencieuse (l’absence relative de bruit est un des avantages indéniables des pédales “boutique”). Il y a également un petit interrupteur qui permet d’ajouter un peu de basse et n’oublions pas la diode bleue de toute beauté ;-)

Alternative à la Tube Screamer

Le BD-2 modifiée par Keeley s’adresse aux guitaristes cherchant une pédale d’overdrive avec un peu plus de grain et d’agressivité que la Tube Screamer. Le son n’est pas aussi “lisse” que cette dernière comme vous avez pu le remarquer sur les vidéos. Avec des micros double bobinage et un peu de delay, le son est un peu réminiscent de Robben Ford (avec beaucoup d’imagination ;-) ).

En terme de gain, la BD-2 modifiée par Keeley en offre beaucoup plus que la TS9 d’Analogman. Avec le bouton à 2h, le niveau est similaire à la Tube Screamer avec le gain à fond. A 3h et plus, on s’approche plus d’une distorsion que d’une overdrive, en particulier avec des micros double-bobinage (voir la vidéo faite avec la Gibson SG).

Notez que comme toute bonne overdrive pédale, la BD-2 est également à son aise pour booster un un ampli déjà distordu ou une autre pédale de distorsion.

Dans l’ensemble, une alternative intéressante à la Tube Screamer si vous cherchez un son d’overdrive un peu moins lisse et avec plus de gain mais toujours blues/rock.

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