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Comment dompter une Fuzz de type « Fuzz Face »

Tout d’abord, je vous souhaite une bonne année ! J’ai décidé de commencer 2012 avec un billet au sujet brûlant : fuzz ou pas fuzz ?

Les pédales de type fuzz comptent parmi les plus difficiles à maîtriser. Beaucoup d’entre nous en ont essayé une en pensant sonner sans effort comme Hendrix sur « Band of Gypsies » et s’en sont trouvé(e)s déçu(e)s. Je partage dans ce billet certaines informations apprises récemment au sujet des pédales fuzz ainsi qu’un truc facile pour arrondir le son d’une fuzz, vidéo à l’appui.

Si je continuerai à écrire à propos du « son », je vais vraisemblablement faire une pause quant à l’enregistrement de vidéos, tout au moins jusqu’à mi-2012 pour cause de gros projets personnels et professionnels. Sans plus attendre, en route vers le pays de la fuzz !

Fuzz ou… fuzz?

Qu’est-ce qu’un son fuzz ? Pour la plupart des guitaristes, Hendrix représente l’exemple même du, ou plutôt des sons fuzz : chaud et riche comme sur « Band of Gypsies » ou plus saillant comme sur la fin de « Axis Bold as Love ». Par conséquent, la Fuzz Face, utilisée par Hendrix et toujours fabriquée aujourd’hui par Dunlop, est une fuzz de référence dont le circuit sert d’ailleurs de base à bon nombre de clones.

La Fuzz Face est toujours fabriquée par Dunlop - Notez les deux contrôles de Fuzz (gain) et volume, pas d'égalisation - Picture courtesy of Dunlop USA

Notez que la Fuzz Face n’était pas la seule fuzz disponible dans les années 60, la Gibson Maestro utilisée par Keith Richards pour enregistrer l’introduction de « Satisfaction » est un autre modèle mythique et concurrent de la Fuzz Face.

Toujours est-il que les informations et astuces qui suivent sont plutôt dédiées aux Fuzz de type « Fuzz Face ».

Choisir une Fuzz: Silicium ou Germanium

J’ai passé des heures à essayer de décider lequel choisir. Au coeur d’une pédale de type fuzz face se trouvent des transistors. Les Fuzz Face des débuts comportaient des transistors au Germanium avant que le fabriquant ne s’oriente vers des modèles au Silicium principalement pour des raisons de stabilité. Les transistors au Germanium ont en effet tendance à changer de sonorité en fonction de la température ambiante.

En terme de différence sonore, le consensus veut que les Fuzz basées sur du Silicium ont tendance à être plus « brillantes » que leurs consoeurs au Germanium. Si vous voulez une référence, il semblerait qu’Hendrix ait utilisé des Fuzz au Germanium sur ses trois premiers albums studio avant de passer sur des Fuzz au Silicium. Cela signifie que la Fuzz que l’on entend sur « Band of Gypsies » était vraissemblablement basée sur du Silicium.

Cela dit, comme toujours avec un maître de la guitare, il est difficile d’entendre la différence car le son vient des doigts et aussi du reste de la chaîne sonore. Qu’il ait utilisé une fuzz au Germanium ou au Silicium, Hendrix a produit des sons fuzz d’anthologie.

Tout ça pour dire qu’il ne faut pas trop se focaliser sur le type de transistors surtout s’il s’agit de votre première Fuzz. J’ai choisi pour ma part de m’orienter vers un modèle à base de transistors au Germanium, j’ai nommé la Fuzz Factory de Z.Vex. Il s’agit d’une fuzz « moderne » capable de produire des sons classiques mais aussi complètement déjantés.

Pas si facile

Donc vous avez acheté votre première Fuzz Face ( ou clone de Fuzz Face), vous la branchez dans votre ampli réglé  en son clair à un volume raisonnable et… c’est le drame : ça sonne plat, agressif et trop brilliant, à l’opposé d’un bon vieux solo de Jimi.

Il y a un certain nombre de raisons à cela mais la différence principale réside dans le fait qu’Hendrix utilisait souvent sa pédale Fuzz en conjonction avec un vieux Marshall réglé à fond et donc distordu. D’autre part, ces amplis avaient tendance à être assez « sombres » ce qui pouvait gommer l’aggressivité de la Fuzz qui n’est traditionnellement pas équipée de réglage d’égalisation ou de tonalité.

Utiliser une overdrive pour arrondir le son d’une Fuzz

De façon à « simuler » le son d’une Fuzz branché dans un ampli, voici un truc sympathique : branchez votre Fuzz dans une pédale d’overdrive et utilisez les deux simultanément. J’ai réalisé une petite vidéo de démo. La Fuzz Factory utilisée seul dans mon Fender Champ de 74 (ampli assez aigu s’il en est) sonne trop agressive à mon goût. J’ai donc placé une Digitech Bad Monkey après la Fuzz pour « arrondir » le son. L’idée est d’utiliser le gain au minimum sur l’overdrive et de baisser le réglage d’aigu. Vous pouvez utiliser la même astuce qvec une pédale d’overdrive ne comportant qu’un seul contrôle de tonalité, il suffit de baisser ce contrôle pour rendre le son plus « sombre » :

 

Au sujet de la Fuzz Factory de Z.Vex, pour obtenir une son Fuzz « normal », il s’agit de garder les réglages « stab » au maximum et « comp » ainsi que « gate » au minimum. Dans ce cas, on se retrouve à pouvoir utiliser les réglages de drive et de volume comme on le ferait avec une pédale de fuzz classique.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, je posterai une sélection de pédales Fuzz dans un très prochain billet. En attendant, bonne Fuzz !

Grands Classiques: la Big Muff

Question : qu’ont David Gilmour (Pink Floyd), Billy Corgan (Smashing Pumpkins) et Jack white (The White Stripes, The Raconteurs) en commun ?

The Big Muff Pi
La Big Muff Pi

Réponse : ils sont tous des utilisateurs forcenés de la « Big Muff » et la plupart de leurs enregistrements doivent beaucoup à son son distordu, sale et bien gras. Je vais démontrer le son de la Big Muff dans deux vidéos mais nous évoquerons tout d’abord brièvement l’histoire tourmentée de cette pédale de distorsion hors du commun.

Histoire de Muff

La Big Muff trouve son origine dans les années 70. On dit souvent que c’est une fuzz mais je pense pour ma part qu’il s’agit plutôt d’une pédale de distorsion car le son s’éloigne fortement des fuzz de l’époque. Il existe principalement deux versions de la Big Muff  sorties dans les années 70: La Big Muff « triangle » (car les boutons forment un triangle) et la Big Muff « ram’s head » (car il y a un bélier dessiné sur le boitier et bélier se dit « ram » en Anglais).

Electro-Harmonix, fabricant de la Big Muff, a du fermer ses portes en 1983 et Mike Matthews, son fondateur, s’en est allé fabriquer des Big Muff en Russie sous la marque Sovtek au début des années 90. Plus tard, Electro-Harmonix USA a été relancé et le fabricant propose maintenant une gamme plus qu’étendue de pédales en tout genre. Si vous cherchez une Big Muff neuve, tournez vous vers la Big Muff Pi ou la Little Big Muff qui dispose d’un boitier plus petit. Il y a beaucoup d’autres pédales Electro-Harmonix portant le nom « muff » (comme la metal muff) mais celles-ci s’éloignent du son Big Muff d’origine.

Les moustachus de la Big Muff pensent que les modèles actuels sont inférieurs sur le plan sonore aux modèles des années 70 voire mêmes aux modèles Sovtek. Ceci explique que l’on trouve nombre de clones de la Big Muff sur le marché comme la Ron Sound Hairpie, proche des modèles US des années 70 ou la Absolutely Analog Green Russian qui se propose, elle, de recréer le son des modèles Sovtek. La BYOC Beaver, quant à elle, est disponible en kit à monter soit-même (bonne chance pour l’obtenir en dehors des US) et semble rencontrer un succès non négligeable car s’approchant très près du son de la Big Muff des années 70.

Pour les plus anglophones d’entre vous voici deux sites incontournables : Gilmourish, tout d’abord, est consacré au son de David Gilmour et détaille les modèles utilisés selon les albums ou les tournées du Floyd tandis que ce site propose des schémas du circuit et des photos des différents modèles.

Comment obtenir ce gros son caractéristique

Vous devez savoir que la Big Muff est un animal difficile à dompter. Si vous en essayez une, vous allez peut-être trouver le son déplaisant, façon « nid d’abeilles ». Sachez qu’en plus d’un bon ampli, il est nécessaire de jouer assez fort pour tirer la quintessence de la Big Muff. N’espérez pas obtenir un gros son bien chaud à bas volume mais tout n’est pas perdu comme vous le verrez plus loin.

Utilisé avec des micros double-bobinage, le son de la Big Muff vous transporte immédiatement vers le monde du gros riff rock’n roll bien baveux. Pour cette vidéo j’utilise ma Gibson SG 61 Reissue et la Muff branchée en direct dans mon Fender Champ 5W tout lampes repris par un Shure SM-57 (un peu de réverb fût ajoutée dans Cubase). Les réglages de la Big Muff étaient les suivants : VOLUME à 10h, TONE à 10h et SUSTAIN à 11h.

Un des gros avantages de la Big Muff est qu’elle se marie très bien avec d’autres pédales. Par exemple, un compresseur placé avant permet de « lisser » le son tandis qu’une bonne pédale d’overdrive placée après peut enlever le côté peu « nid d’abeilles » de la pédale ce qui peut être très utile, surtout à bas volume. Ces quelques trucs, utilisés en conjonction avec une guitare équipée de simple bobinage et un bon delay peuvent vous envoyer au nirvana du son solo à la sauce Gilmour. Voici une vidéo où j’essaye de démontrer ces différentes combinaisons avec ma bonne vieille Stratocaster:

Au cas ou vous vous poseriez la question, la Big Muff utilisée dans ces vidéos est une Big Muff Pi standard, pas un clone. La Stratocaster est une Custom Shop American Classics Stratocaster équipée de micros Kinman Avn Blues.

Les réglages étaient les suivants :

  • 1974 Fender Silverface Champ (BASS à 10, Treble à 2.5, Volume à 3)
  • Big Muff settings: VOLUME à 10h, TONE à 10h et SUSTAIN à 11h
  • BB Preamp Settings: GAIN à 8h, VOLUME à 1h, TREBLE à 12h, BASS à 2h
  • Dynacomp settings: OUTPUT à 10h, SENSITIVITY à 10h.
  • DD-3 Settings: LEVEL à 10h, FEEDBACK à 12h, TIME à 2h et MODE à 800ms
References
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