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OD-1X et DS-1X, le retour du Boss

Boss a présenté l’OD-1X et la DS-1X au NAMM show en janvier et on peut dire qu’elles ont depuis « fait le buzz ». Je remercie Roland Australie de m’avoir permis de les tester, et je confirme que le buzz est justifié !

DS1X_OD1X_2

Basées sur la technologie MDP (pour Multi-Dimensional Processing), il s’agit de re-créations modernes numériques des classiques OD-1 et DS1, premières pédales Boss d’overdrive et de distorsion,  sorties à la fin des années 70. l’ADN de ces pédales classiques se retrouvent dans ces versions ‘X’, mais ces dernières vont beaucoup plus loin en terme de gain et d’égalisation, ce sont bien des produits de 2014, pas des simulations « vintage ».

Avant d’examiner ces pédales en détail, je vais aller droit au but et vous dire où je pense qu’elles se détachent du lot:

  • Avec le gain à fond, elles offrent plus de saturation que la plupart des pédales d’overdrive ou de distorsion (respectivement), tout en gardant une excellente articulation. Ma Strat a des micros Kinman silencieux qui n’ont pas un haut niveau de sortie (il s’agit de l’ensemble ‘blues’ de la marque), et je dois souvent utiliser une pédale de boost ou d’overdrive en sus d’un pédale de distorsion principale pour avoir un « gros son ». Point de ceci avec la DS-1X et même l’OD-1X, on peut en tirer beaucoup de saturation et de sustain, même avec des micros à niveau de sortie « vintage ».
  • Elles réagissent bien à la baisse du volume sur la guitare elle-même ce qui permet de récupérer un son quasi clair avec l’OD-1X et en tout cas beaucoup moins crunch avec la DS-1X. J’ai essayé de le démontrer dans mes vidéos.
  • L’égalisation 2 bandes est très efficace, un plus comparé à beaucoup de pédale d’overdrive ou de distorsion qui n’ont qu’un bouton de « tone ».
  • La personnalité intrinsèque de la guitare est conservée. J’ai testé les deux pédales avec une Strat et une Gibson SG 61 Reissue et le rendu obtenu est définitivement Fender ou Gibson, même aux plus hauts niveaux de gain.
  • Il fût un temps où « numérique »  et « overdrive » ou « distorsion » prononcés dans la même phrase provoquait des crises cardiaques chez les guitaristes, je doute qu’on rencontre le problème avec ces nouveaux modèles de chez Boss (et depuis le temps que la modélisation est acceptée par la plupart des guitaristes, il serait temps).


Ces remarques s’appliquent aux deux pédales, voyons maintenant ce qui les différencient.

OD-1X

La couleur jaune chez Boss signifie « Overdrive » et l’OD-1X ne fait pas figure d’exception, avec un rendu « paillettes » du plus bel effet. Elle comporte quatre potards : level pour le volume de sortie, low et high pour l’égalisation 2 bandes et « drive » pour le niveau de gain.

Le « drive » est assez progressif passant de « juste un peu sale » à une grosse saturation quasi Van-Halenesque surtout avec des doubles. Avec les gain à 3h (plus ou moins 75%), il y a un très bon compromis entre sustain et articulation qui permet d’avoir un excellent son pour les solos. Couplé avec l’égalisation à deux bandes sus-mentionnée et une bonne dose de volume en sortie, cela donne à l’OD-1X beaucoup de versatilité.


 Au niveau du caractère sonore en lui-même, il s’agit d’une overdrive Boss et on sent un lien de parenté avec les OD-3,SD-1, etc. Si vous cherchez quelque chose de complètement différent, vous serez peut-être déçu mais en dehors de cela il s’agit d’une excellente overdrive qui nous fait oublier qu’elle est numérique.

DS-1X

L’orange brilliant de la DS-1X nous rappelle la DS-1, la première distorsion produite par Boss, utilisée par des gens comme Joe Satriani, Steve Vai, Gary Moore (son époque Strat Marshall au début des années 80 faisait appel à une DS-1 pour booster ses amplis), Kurt Cobain, etc.

Elle comporte quatre réglages : level pour le niveau de sortie, low and high pour l’égalisation 2 bandes, et dist pour moduler le taux de distorsion. Et de la distorsion, il y en a ! A tel point que la DS-1X est à la limite du gros métal.

Comme vous pouvez le constater dans les vidéos plus bas, même à réglages de gain assez bas, la DS-1X est plus saturée que l’OD-1X. Avec le bouton de dist à 3h, on dispose déjà d’un bon gros son solo. Avec le gain au maximum, c’est très distordu ce qui en fait une pédale très versatile. La section d’égalisation est efficace et mon petit Fender Champ n’a jamais sorti autant de basses fréquences !


En dépit du taux de saturation disponible, on peut tout à fait reconnaître une Strat ou une Gibson.  On récupère aussi beaucoup de clarté en modulant le volume de la guitare, surtout avec une Strat, comme avec un bon ampli. Le caractère sonore rappelle la DS-1 mais avec plus de corps et un côté plus « ampli ». En cela, elle est assez différente de son vénérable ancêtre et il est fort possible que vous la préfériez.

Conclusion

Les pédales produites par Boss ces trois ou quatre dernières années m’ont plu (surtout la BC-2) mais ne m’ont pas passionné.  Et bien on peut dire que Boss est de retour avec les DS-1X et OD-1X, cela me peine de devoir les rendre !

Si la vaste majorité des pédales « boutique » sont analogiques, quelques fabricants ont récemment continué d’explorer et d’améliorer le côté numérique des choses, je dois dire que Boss les a rejoint de façon spectaculaire.

Tone Box 3D Effects

Je suis tombé par hasard sur le site de Tone Box hier et il m’a fallu un petit moment pour réaliser que leur pédale nommée Skull Crusher a la forme d’un crâne avec les deux diodes de mise en fonction dans les yeux. Il y a même plusieurs « finitions » disponibles. Si l’on peut trouver l’idée d’un goût douteux, regardez cette vidéo de démonstration effectuée par George Lynch pour vous rendre compte de la polyvalence et du son assez incroyable de l’engin. Il y a quatre modes différents et les niveaux de gains vont de gentiment blues, quasiment clair, à métal en fusion :

Et voici une autre démo par Phil X et d’autres musiciens de Los Angeles, c’est bien aussi avec une basse:

Boss DS-1, le match: stock vs Keeley vs Analogman

Sortie en 1978, la Boss DS-1 est l’une des plus vieilles pédales de distorsion du marché. D’aucuns l’adorent tandis que d’autres la détestent. En tout cas, elle ne laisse pas indifférent. Elle diffère d’une bonne vieille pédale d’overdrive par le fait qu’elle offre plus de gain et d’agressivité. On l’emploie souvent avec un ampli en son clair mais elle peut très bien servir de boost à un ampli déjà saturé.

Deux guitaristes ont été des utilisateurs forcenés de la DS-1 pendant des décennies, il s’agit bien sûr de Joe Satriani et Steve Vai. Jusqu’en 2008 où chacun d’entre eux a commis un modèles de distortion « signature » (Vai avec Ibanez et satriani avec Vox), ils utilisèrent la DS-1 sur scène et sur nombre d’enregistrements studio.

La Ds-1 d'origine et deux modèles modifiées, l'un par Keeley, l'autre par Analog Man

On peut voir beaucoup de commentaires négatifs à propos de la DS-1 dans les forums ou sur Youtube. Beaucoup lui reprochent son aspect « synthétique » et son manque de chaleur.

Modifications, le match

Je ne sais pas si c’est à cause de cette réputation négative ou tout simplement sa longévité mais la DS-1 est l’une des pédales les plus modifiées de la planète. Ma quête du son ultime m’a amené à acquérir une DS-1 modifiée par Robert Keeley ainsi qu’une DS-1 modifiée par Analog Man. Je possède également une DS-1 non modifiée et j’ai enregistré une petite vidéo montrant les trois modèles utilisées avec la même guitare, une Gibson SG 61 Reissue, et le même ampli, un Fender Champ. J’ai également « magnifié » le son de ces DS-1 avec un delay Boss DD-3 et une réverb Boss RV-3 (explications sur ce choix et analyses après la vidéo) :

Pourquoi j’ai utilisé un delay et une réverb ?

Voici pourquoi j’ai décidé d’utiliser un peu de delay et de réverb avec les DS-1 lors de l’enregistrement de la vidéo : je pense que la mauvaise réputation de la DS-1 vient en partie du fait que nombre de guitaristes achètent une DS-1, la branche direct dans un ampli et espèrent obtenir le son de Satriani facilement. Et bien malheureusement, cela n’est pas si facile.

Pour moi, la DS-1 couplée à des micros double bobinage est excellente pour obtenir un son solo du même type que celui de Satriani mais il faut faire attention au reste de la chaîne. Je pense que la DS-1 gagne  beaucoup à être « augmentée » par des effets d’ambiance tels que delay et/ou réverb. Quand on y pense, Satriani et Vai utilise souvent du delay dans leurs son.

Au passage, je trouve toujours un peu dommage de voir des vidéos de démo de pédales de disto ou d’overdrive où la pédale est branchée dans un ampli repris par un micro placé très près de la gamelle et où aucun effet d’ambiance n’est utilisé. Je pense que c’est un peu irréaliste car, en studio, dans la vaste majorité des cas, on utilise toujours au moins un peu de réverb sur un son de guitare repris par un micro placé très près de l’enceinte. Et en live, même dans une petite salle, on va toujours entendre l’ambiance la pièce.

Les modifications opérées sur les DS-1 en valent-elle la peine ?

Avant de commander une pédale aux US et de dépenser environ 150 dollars plus port dans une DS-1 modifiée, on est en droit de se demander si ces modifications en valent vraiment la peine. Comment on peut l’entendre dans la vidéo plus haut, les versions modifiées ne sonnent pas complètement différemment de la version de base. Il s’agit ici d’améliorer le son plutôt que de le changer radicalement (et au passage, les versions modifiées ont un niveau de bruit plus faible). Cela signifie que si vous détestez le son de la DS-1, il y a des chances pour que ces versions modifiées ne vous plaisent pas…

A mon avis, ces modifications en valent la peine mais sonnent différemment. La Keeley apporte un côté plus « précis » à la DS-1 tandis que l’Analog Man tend à se rapprocher du son d’un ampli de type Marshall. Je dois dire que je préfère personnellement l’Analog Man, ma disto préférée en compétition étroite avec ma bonne vieille Proco RAT 2. Mais si vous êtes à la recherche d’un son de DS-1 plus moderne et Vai-esque, il y a des chances pour que vous préfèreriez le modèle de Keeley.

Les modifications montrées dans ce billet ne sont pas les plus avancées proposées par les célèbres « moddeurs ». Ma Keeley est une SEM (Seeing Eye Mod) et la version actuelle comporte le même circuit en plus d’un nouveau circuit nommé Ultra, que l’on peut activer au moyen d’un petit Switch. Analog Man, de son côté, propose toujours la DS-1 Pro, que je possède, mais peut maintenant ajouter un quatrième bouton pour modifier la réponse de la DS-1 dans les médiums.

Enfin, sachez qu’il y a d’autres modifications sur le marché, je pense en particulier aux kits de Monte Allums qui semblent remporter un franc succès.

Utilisation de la DS-1 sur « Fiction », mon premier album

J’ai utilisé la DS-1 modifiée par Keeley sur « The Color Purple » et l’Analog Man DS-1 Pro sur « Electric Rain ». Vous pouvez trouver mon premier album, « Fiction », sur cdbaby ou sur Amazon France. Dans tous les cas, la DS-1 était branchée dans un préampli Marshall JMP-1 et un MXR Phase 90 était placé avant.

La pédale de distorsion Marshall Jackhammer

Obtenir un son Marshall en utilisant une simple pédale est un but souvent recherché dans la quête du son ultime. Tout le monde n’a pas nécessairement envie de trimballer un deux corps Marshall ou certains d’entre vous préfèrent ajouter ce type de son à leur matos existant. D’autre part, d’aucuns se plaignent du son clair des amplis Marshall modernes, un peu trop « clinique » à leur goût (quoique la nouvelle série « Vintage Modern » est assez impressionnante de ce côté là). Dans ce cas, une pédale pour le son disto à la Marshall tout en gardant votre Fender/Vox/Boogie pour les sons clairs est une option intéressante.

La Marshall Jackhammer - Photo par Pia Jane Bijkerk

On peut parler de différentes époques pour le son Marshall: les années 60 (Clapton, Hendrix), les années 70/début 80 (AC/DC, Van Halen), la fin des années 80/début des années 90 avec des séries à plus haut gain comme le JCM 900 ou encore la fin des années 90 qui a vu naître la série JCM 2000 au succès immense. Mais le caractère sonore des amplis Marshall n’a pas vraiment changé à travers les époques. Les caractéristiques  tels que le niveau de gain, le nombres de canaux, l’égalisation, l’inclusion d’une boucle d’effets, etc. on évolué mais Marshall reste le représentant du son rock « British ».

Il y a beaucoup de pédales sur le marché qui émule le son Marshall d’une époque donnée y compris des pédales boutique assez onéreuses. Il est assez amusant de constater que dès lors qu’on aborde le sujet du « son Marshall dans une pédale », les pédales Marshall sont rarement citées en exemple. Je pense que c’est assez dommage et qu’elles sont certainement très sous-estimées. Je présente donc ici la remplaçante de la Shredmaster (voir billet précédent), j’ai nommé la Jackhammer.

La Jackhammer fait partie d’un trio de pédales de distorsion fabriquées par Marshall depuis plus de 10 ans. Les deux autres modèles sont la Blues Breaker 2 et la Guv’nor 2. La Jackhammer propose le plus haut niveau de gain des trois de la même façon que la Shredmaster offrait le plus haut niveau de gain dans la gamme précédente. Cela dit, la Jackhamer est capable de produire des sons intéressant en utilisant peu de gain comme je le démontre dans des vidéos plus bas dans ce billet.

Je pense que pour le prix, la Jackhammer offre pléthore de réglages : deux modes (overdrive et distortion), gain, volume et une section d’égalisation à 3 bandes relativement sophistiquée. Celle-ci comprends basses, aigus et deux réglages pour les mediums intitulés « contour » et « freq ».

Le mode overdrive rappelle le son d’un ampli Marshall à relativement haut gain (JCM800/900) tandis que le mode distortion va plus loin en offrant des sons plus modernes avec plus de gain encore (sorte de simulation de JCM 2000). Le mode Distortion, tout en sonnant assez gros, est assez « sombre » avec beaucoup de basses mais aussi assez peu silencieux. D’un autre côté, le mode Overdrive est plutôt excellent à tous les points de vue : assez réaliste et silencieux, il transforme à peu de frais mon petit ampli Fender en un monstre Marshalleux du plus bel effet. Le niveau de gain n’est pas aussi énorme que certaines pédales récentes (après tout, la Jackhammer fût conçue il y a plus de 10 ans) mais avec des micro double-bobinage à haut niveau de sortie, on peut en tirer des sons métal assez juteux. Avec ma Gibson SG 61 reissue qui a des doubles bobinage au niveau de sortie « moyen », c’est déjà quelque chose !

Tout n’est pas rose cependant, la partie « médium » de la section d’égalisation, à savoir les boutons « contour » et « freq » sont difficiles à dompter car assez peu intuitif. Selon la documentation, leur rôle est de creuser les médiums, le « contour » décide de combien on les creuse et le « freq » de la fréquence à creuser. Leurs réglages corrects sont très très importants car ils peuvent faire sonner la Jackhammer de complètement pourri à excellent. Ils dépendent complètement dépendre de votre ampli, il vous faudra donc expérimenter ! Je donne certains réglages dans les vidéos suivantes, prises avec un ampli Fender. Le reste de la section d’égalisation comporte un bouton de basse et un bouton d’aigu, très intuitif à utiliser, eux. La Jackhammer a des basses à revendre et je positionnerais le bouton basse à 9h pour commencer. Comparé à la Shredmaster, qui n’est plus fabriquée, la Jackhammer offre plus de gain et est globalement moins « sombre » ce qui peut être un bonus dans le cas où votre ampli manque de brillance. A la fin de ce billet, je compare rapidement dans une vidéo la Shredmaster à la Jackhammer.

Comment sonne une Jackhammer avec des micros double-bobinage ?

Voilà comment la Jackhammer sonne avec ma Gibson SG 61 reissue équipée des micros d’origine. Je montre ici les deux modes, Overdrive et Distortion:

Les réglages sur la Jackhammer pour cette vidéo sont : Volume à 10h, Bass à 9h, Treble à 9h pour le mode Overdrive or midi pour le mode Distortion, Contour au minimum, Freq à midi, gain variable (voir vidéo).

Comment sonne une Jackhammer avec micros des simple-bobinage ?

Avec une Stratocaster équipée de micros à réduction de bruit Kinman dont le niveau de sortie est relativement bas, le mode Overdrive devient plus « bluesy » et n’est pas aussi précis qu’avec des double-bobinage mais on retrouve un côté Hendrixien que j’apprécie (notez que les réglages d’égalisation sur la Jackhammer sont différents de ceux utilisés pour la vidéo précédente).

Les réglages sur la Jackhammer pour cette vidéo sont : Volume à 10h, Bass à 9h, Treble à 10h, Overdrive Mode , Contour à midi, Freq au maximum, gain variable (voir vidéo).

Shredmaster vs Jackhammer

Et maintenant, comparons rapidement la Shredmaster et la Jackhammer (en mode overdrive) :

Les réglages sur la Jackhammer pour cette vidéo sont : Bass à 9h, Treble à 10h, Contour à midi, Freq on Max, Volume à 10h, Gain au maximum.

Les réglages sur la Shredmaster pour cette vidéo sont : Gain au maximum, Bass à midi, Contour à 8h, Treble à 10h and Volume à 2h

Comment sont enregistrées les vidéos

L’ampli utilisé est un Fender Champ à lampes de 1974 avec le volume autour de 3, basses à 10 et aigus à 2,5. Il est repris par un micro RODE NT4 et enregistré avec un BOSS Micro-BR. L’enregistrement est ensuite transféré dans Cubase pour ajouter un peu de réverb d’ambiance et de compression. Les réglages des pédales sont indiquées en dessous de chaque vidéo.

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